Condamnation des sorciers

Quant à tous ceux qui, en outre de leur incrédulité à l'égard de l'existence des Dieux, de leur providence, de l'inflexibilité de leur justice, se seront par surcroît ravalés au niveau d'une bête de proie ; qui, d'autre part, avec le mépris qu'ils ont pour l'humanité, enjôlent un grand nombre des vivants, tandis que, par ailleurs, ils se prétendent capables d'évoquer les âmes des défunts ; qui promettent de convaincre les dieux avec la pensée que, par des sacrifices, par des prières, par des incantations, ils les ensorcellent ; qui, en vue de s'enrichir, tentent de saper, jusqu'au plus profond d'eux-mêmes, aussi bien les individus que l'intégralité d'une famille ou d'une Cité ; eh bien, que, si l'un de ceux-là a été reconnu coupable, la peine fixée pour lui par le tribunal conformément à la loi soit son internement dans la prison qui est située au milieu du territoire.

Platon, Lois, X, 909

Quiconque aura administré une drogue à l'un de ses semblables dans l'intention de nuire, sans effet mortel, non pas à sa personne même, [...] mais à son bétail ou à ses abeilles [...], celui-là, si précisément c'est un médecin et qu'il soit reconnu coupable de crime d'empoisonnement, encourra le peine de mort . [...] Quand, d'un autre côté, on jugera qu'un homme semble, par des enveloppements de bandelettes, ou par des évocations, ou par des enchantements, ou par n'importe quel autre procédé magique du même genre, avoir dessein de nuire, celui-là, dis-je, dans le cas où c'est un devin ou un interprète de prodiges, devra être condamné à mort...

Platon, Lois, XI, 934 (trad. L. Robin)



les pratiques de la magie dans la littérature grecque