Un affreux dragon endormi en douceur

Il restait encore à endormir par la vertu des herbes le dragon vigilant qui attirait tous les regards par sa crête, ses trois langues et ses dents recourbées, monstre hideux qui gardait l'arbre resplendissant de l'éclat de l'or. Médée jette sur lui une plante dont le suc a les effets du Léthé ; trois fois elle prononce des paroles qui amènent un sommeil paisible, qui arrêtent la mer en courroux et les fleuves impétueux. Le sommeil gagne ces yeux qu'il ne connaissait pas et le héros, fils d'Éson, s'empare de la toison d'or ; fier de cette dépouille, il emmène comme une seconde dépouille celle à qui il doit un si grand service et, triomphant, il aborde avec son épouse au port d'Iolcos.

Ovide, Métamorphoses, VII, v. 149-158



Les pratiques de la magie dans la littérature latine