La sinistre Érichto

Une maigreur affreuse envahit le visage flétri de la sacrilège, et sa face terrible, inconnue du ciel serein, est empreinte d'une pâleur stygienne et alourdie de cheveux en désordre ; si un nimbus et des nuages sombres masquent les astres, alors la Thessalienne sort des tombeaux nus et cherche à capter les foudres nocturnes. Ses pas brûlent les semences d'une moisson féconde et son haleine infecte des brises qui n'étaient pas mortelles. Elle ne prie pas les habitants du ciel, elle n'amène pas de son chant suppliant la divinité à son secours ; elle ignore les fibres propitiatoires ; elle aime à mettre sur les autels les flammes funèbres et des encens ravis aux sépulcres incendiés.

Lucain, Pharsale, VI, v. 515-526



Les pratiques de la magie dans la littérature latine