À Hypate, au coeur de la Thessalie

Voilà donc que je me trouvais au coeur de la Thessalie, dans ce pays que le monde entier s'accorde à célébrer comme le berceau des arts magiques et des incantations. [...] Soulevé tout ensemble de désir et d'impatience, je considérais chaque objet d'un oeil curieux. [...] Rencontrais-je une pierre. je croyais voir un homme pétrifié ; entendais-je un oiseau ? c'était un homme encore, auquel avaient poussé des plumes. [...] Je me figurais que les statues et les images allaient marcher, les murailles parler, les boeufs et autre bétail annoncer l'avenir, du ciel même et de l'orbe radieux du soleil tomber subitement quelque oracle. [...]

(Lucius est invité par une femme (son ancienne nourrice, retrouvée par hasard) qui lui demande ce qu'il pense de la ville)

"Je ne crois pas qu'en aucun lieu du monde, j'aie été plus libre qu'ici. Toutefois, j'y redoute extrêmement les pièges invisibles et inévitables de la science magique. Car les tombeaux même des morts n'y sont pas en sûreté, dit-on, mais on va dérober aux tertres et aux bûchers des déchets, des rognures prélevés sur les cadavres, pour la perdition des vivants. Et de vieilles magiciennes, au moment même des préparatifs funéraires, devancent, promptes comme l'oiseau, ceux qui procèdent à la sépulture."

Apulée, Métamorphoses, II, 1 et 20



Les pratiques de la magie dans la littérature latine