Les ambitions du jeune Hermès

«Ma mère, pourquoi vouloir m’atteindre en ces paroles, comme si j’étais un pauvre petit à la tête pleine de bons principes, un enfant craintif qui redoute les menaces de sa mère ! Hé bien ! je vais me mettre au meilleur des métiers (je soigne constamment tes intérêts et les miens) ; nous ne souffrirons pas de rester ici tous deux, seuls, parmi les Immortels, à ne recevoir ni offrandes ni prières, comme tu m’y engages. Il vaut mieux vivre tout le temps avec les Immortels, riche, opulent, prospère, que de croupir chez soi dans un antre obscur : en fait d’honneurs, j’aurai, moi — je vais m’y mettre — les mêmes privilèges sacrés qu’Apollon. Si mon père ne me les accorde pas, hé bien ! j’essaierai (j’en suis capable) d’être le Prince des Brigands. Si le fils de la glorieuse Létô se met à ma recherche, je pense qu’il lui arrivera bien pis encore : j’irai à Pytho pour forcer sa vaste demeure. Dans le pillage, j’emporterai en quantité des trépieds, des chaudrons magnifiques et de l’or, en quantité aussi du fer brillant et beaucoup d’étoffes. Ah ! tu verras, si tu veux ! »

Homère, Hymne à Hermès, v. 163-181


Hermès