Les Thries

C’est Apollon qui parle

«Il est des Destinées(1), sœurs par la naissance, trois vierges fières de leurs ailes rapides. Une poudre brillante parsème leur tête ; elles ont leur demeure au pied des gorges du Parnasse. Sans dépendre de moi, elles m’ont appris l’art divinatoire que j’ai exercé auprès de mes bœufs, encore enfant. [...] C’est de là qu’elles prennent leur vol pour aller de tous côtés se repaître de cire, en faisant se réaliser toute chose. Quand, nourries de miel blond, elles sont saisies d’un transport prophétique, elles consentent volontiers à dire la vérité ; si, au contraire, elles sont privées du doux aliment des Dieux, elles tâchent ensuite de vous fourvoyer. Je te les concède désormais : réjouis ton cœur à les interroger sincèrement ; et si tu connais un homme mortel, il pourra écouter souvent ta voix, si le sort est pour lui.»

Homère, Hymne à Hermès, v. 552-566

(1) Ces Thries sont conçues à la fois comme femmes et comme abeilles.


Hermès