Départ des ombres des prétendants vers les Enfers

Répondant à l’appel de l’Hermès de Cyllène, les âmes des seigneurs prétendants accouraient ; le dieu avait en mains la belle verge d’or, dont il charme les yeux des mortels ou les tire à son gré du sommeil. De sa verge, il donna le signal du départ ; les âmes, en poussant de petits cris, suivirent...

Dans un antre divin, où les chauve-souris attachent au rocher la grappe de leurs corps, si l’une d’elles lâche, toutes prennent leur vol avec de petits cris : c’est ainsi qu’au départ, leurs âmes bruissaient. Le dieu de la santé, Hermès, les conduisit par les routes humides ; ils s’en allaient, suivant le cours de l’Océan : passé le Rocher Blanc, les portes du Soleil et le pays des Rêves, ils eurent vite atteint la Prairie d’Asphodèle, où les ombres habitent, fantômes des défunts, et c’est là qu’ils trouvèrent, près de l’ombre du fils de Pélée, près d’Achille, les ombres de Patrocle, du parfait Antiloque et d’Ajax, le plus beau par la mine et la taille de tous les Danaens ; seul le fils de Pélée le surpassait encore.

Homère, Odyssée, XXIV, v. 1-18

 

NB Il faut noter que ce texte, si poétique soit-il, ne peut être d’Homère, comme le remarquait dès l’antiquité Aristarque, critique d’Homère. Jamais Homère n’a cité Hermès comme “psychopompe” ni n’a fait allusion à sa naissance au mont Cyllène.


Hermès