En pleine crise des dettes, on consacre le temple de Mercure

Les consuls se disputaient l’honneur de consacrer le temple de Mercure. Le sénat se dessaisit de la question en faveur du peuple : celui qui serait chargé de la consécration par la décision du peuple serait également préposé aux approvisionnements, formerait un syndicat de marchands et aurait les pouvoirs d’un pontife pour la célébration du culte. Le peuple remet le soin de la consécration à Marcus Laetorius, centurion de la première compagnie, pour bien montrer qu’il cherchait moins à lui faire honneur en lui confiant une charge supérieure à son rang qu’à faire affront aux consuls : d’où, fatalement, un redoublement de sévérité de l’un d’entre eux et du sénat. Mais la plèbe avait pris de l’assurance et suivait une tout autre voie que la première fois. N’attendant plus de secours des consuls ni du sénat, dès qu’elle voyait un débiteur traduit en justice, elle accourait de tous côtés ; la sentence du consul se perdait au milieu du tumulte et des cris et, une fois rendue, personne n’y obéissait.

Tite-Live, Histoire romaine, II, 27.


Mercure