Mercure au service de son père Jupiter

Arrière, garez-vous, hors de mon chemin, tous ! Et qu’il ne se rencontre pas de mortel assez audacieux pour me faire obstacle. Et quoi ! morbleu ! un dieu n’aurait pas le droit de menacer les passants pour les obliger à se ranger ? Un méchant esclave de comédie le fait bien. [...] Moi, c’est à Jupiter que j’obéis ; c’est sur son ordre que je me transporte ici. Ainsi, j’ai droit plus que tout autre à ce qu’on se gare et se range devant moi. Mon père m’appelle ; je le suis, prêt à exécuter ses ordres. Tel doit être un bon fils envers son père, tel je suis envers lui. Je le sers dans ses amours en bon parasite, je l’encourage, je l’assiste, je le conseille, je partage ses joies. Est-il heureux, je suis au comble du bonheur. il fait l’amour ; il a raison ; il fait joliment bien de suivre son penchant. Tous les hommes devraient bien l’imiter, à condition, bien sûr, de ne faire de tort à personne. Maintenant mon père veut qu’on berne Amphitryon : je lui garantis qu’il sera bien berné. [...] Ensuite, ce sera au tour de Sosie : le maître punira son esclave à ma place ; c’est lui qu’il rendra responsable de toutes mes incartades. Que m’importe ? Je dois obéissance à mon père : c’est mon rôle que de me plier à ses caprices.

Plaute, Amphitryon, v. 984-1005


Mercure