L'inspiration divine du poète

Tous les poètes épiques, les bons poètes, ce n'est point par un effet de l'art, mais pour être inspirés par un dieu et possédés qu'ils débitent tous ces beaux poèmes. Il en est de même des bons poètes lyriques : comme les gens en proie au délire des Corybantes n'ont pas leur raison quand ils dansent, ainsi les poètes lyriques n'ont pas leur raison quand ils composent ces beaux vers. [...] C'est chose légère que le poète, ailée, sacrée ; il n'est pas en état de créer avant d'être inspiré par un dieu, hors de lui, et n'avoir plus sa raison ; [...] par un privilège divin, chacun d'eux n'est capable de composer avec succès que dans le genre où il est poussé par la Muse : l'un dans les dithyrambes, l'autre dans les éloges ; celui-ci dans les hyporchèmes, celui-là dans l'épopée, tel autre dans les iambes ; dans le reste chacun d'eux est médiocre.

Platon, Ion, 534 a-c


Les Muses