Le poète est l'interprète des Muses

Je suis à vous, Camènes (1), à vous, soit que je m'élève sur les hauteurs de la Sabine, soit que me plaisent la fraîche Préneste, ou Tibur allongé en pente, ou la limpide Baïes ; ami de vos fontaines et de vos danses, ni la déroute de Philippes, ni un arbre maudit, ni le Palinure battu par l'onde sicilienne n'ont pu m'anéantir. À tout moment où vous serez avec moi, je prendrai plaisir, navigateur, à braver la rage du Bosphore, voyageur, les sables brûlants du rivage assyrien ; [...] vous, déesses bienfaisantes, vous donnez de doux conseils et vous réjouissez de les avoir donnés.

Horace, Odes, III, 4, V.22-42

(1) Nymphes aux dons prophétiques, assimilées plus tard aux Muses.


Les Muses