Melpomène

Peut-il connaître honte ou mesure, le regret d'une tête si chère (1) ? Enseigne-moi des chants lugubres, Melpomène, à qui ton père donna, avec la cithare, une voix limpide.

(1) il s'agit de Varus, poète ami de Virgile.

Horace, Odes, I, 24, v. 1-4


Celui, Melpomène, qu'à sa naissance tu auras une fois regardé d'un oeil complaisant, le labeur isthmique ne le fera point briller au pugilat, un cheval ardent ne le conduira point, vainqueur, sur un char archaïque, les travaux guerriers ne viendront point le parer, général, du feuillage délien pour avoir rabattu les menaces superbes des rois et le montrer au Capitole. Mais les eaux qui coulent le long du fertile Tibur et les épaisses chevelures des bois le feront illustre dans le chant éolien. [...] O toi qui modules un doux bruit sur ton luth d'or, Piéride, toi qui, même aux poissons muets, donnerais, s'il t'en prenait envie, la voix du cygne, ta seule faveur est cause que le doigt des passants me montre comme celui qui fait vibrer les cordes de la lyre romaine ; que j'aie du souffle et que je plaise, si je plais, l'honneur en est à toi.

Horace, Odes, IX, 3.


J'ai achevé un monument plus durable que le bronze [...] On dira que, né au pays où résonne l'impétueux Aufide, où Daunus, mal pourvu d'eau, régna sur des peuples rustiques, devenu un maître d'humble que j'étais, j'ai le premier annexé le chant d'Éolie aux cadences italiennes. Prends un orgueil que justifient mes mérites, Melpomène, et viens, de bon gré, ceindre ma chevelure du laurier delphique.

Horace, Odes, III, 30 (passim)


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