... et un autre rassuré par leur présence

Ah ! Je les reconnais et mon coeur se réveille.
O sons ! ô douces voix chères à mon oreille,
O mes Muses, c'est vous ; vous, mon premier amour,
Vous qui m'avez aimé dès que j'ai vu le jour.
Leurs bras, à mon berceau dérobant mon enfance,
Me portaient sous la grotte où Virgile eut naissance,
Où j'entendais le bois murmurer et frémir,
Où leurs yeux dans les fleurs me regardaient dormir.

[...]

Par vous la rêverie errante, vagabonde,
Livre à vos favoris la nature et le monde ;
Par vous, mon âme au gré de ses illusions
Vole et franchit les temps, les mers, les nations ;
Va vivre en d'autres corps, s'égare et se promène,
Est tout ce qu'il lui plaît, car tout est son domaine.

Chénier, Élégies, IV, 4


Les Muses