La deuxième guerre médique

Cette victoire ne met pas fin au conflit et dans chaque camp on se prépare à la reprise des hostilités.

Darius meurt en 486. Son successeur, Xerxès, est résolu à assujettir les cités grecques. Pour assurer les mouvements de ses armées terrestres il lance sur l'Hellespont deux ponts de bateaux qui assurent la jonction entre les deux continents, il crée des entrepôts de vivres et d'armes en Thrace. Selon Hérodote, il mobilise une armée de cent mille hommes et il construit une puissante flotte de mille deux cent sept trières.

Face à cette menace, on retrouve chez les Grecs le même partage entre partisans de l'acceptation de la domination perse (Béotiens et Thraces) et partisans de la résistance (Athènes et Sparte). À l'intérieur des cités on constate le même clivage). À Athènes, après la mort de Miltiade (489), le rôle de Thémistocle devient déterminant. La cité se dote d'une flotte de deux cents trières (483-482) (Plutarque, Vie de Thémistocle). On enrôle comme rameurs des citoyens qui n'étaient pas mobilisables jusque là : les Thètes. "Événement capital aux yeux des historiens" (cf Histoire grecque, de Claude Orrieux et Pauline Schmitt Pantel 1995)

À l'automne de 481, se tient à l'isthme de Corinthe une réunion des Grecs qui sont décidés à se battre. On y décide de suspendre les conflits qui opposent certaines cités, comme Athènes et Égine en guerre depuis 494. Les Spartiates reçoivent le commandement et sont chargés d'arrêter, sur terre, les Perses au défilé des Thermopyles, sur le golfe Maliaque, entre le continent et le nord de l'île d'Eubée, passage obligé pour qui vient du nord de la Grèce, (à notre époque, les terres ont gagné sur la mer, le golfe se comblant) ; sur mer on barrera la route à la flotte perse au nord de l'île d'Eubée, au cap Artémision (Plutarque, Vie de Thémistocle - Hérodote, Histoires).

L'immense armée perse, qui arrive de Thessalie, a d'autant moins de mal à franchir le défilé que les Grecs n'avaient que sept mille hommes à lui opposer et qu'à la suite d'une trahison, elle avait réussi à contourner leurs positions. L'héroïque résistance du roi de Sparte, Léonidas, et de ses trois cents Spartiates permit cependant au gros des forces grecques de s'échapper.

La bataille navale est indécise. Les Perses déferlent sur la Béotie et arrivent en Attique que l'on a renoncé à défendre pour installer une ligne de combat sur l'isthme de Corinthe. Athènes que ses habitants ont abandonnée est prise, l'Acropole incendiée. Exploitant un oracle énigmatique de la Pythie de Delphes Thémistocle persuade l'assemblée de livrer bataille sur mer à proximité de l'île de Salamine, le bois des coques des navires constituant les remparts de la ville (Hérodote, Histoire),

Usant de ruse, Thémistocle attire la flotte perse dans une passe étroite, entre l'île et la côte attique, où sa supériorité numérique se retourne contre elle (Lysias, Oraison funèbre - Eschyle, Les Perses).

Ayant perdu sa flotte, Xerxès retourne en Asie (septembre 480). Mardonios, qui était resté en Thessalie, tente une négociation avec les Athéniens, qui échoue. Il envahit à nouveau l'Attique, que les autorités responsables quittent de nouveau pour se rendre à Salamine, puis il s'installe en Béotie à proximité de Thèbes et de Platées. Les Spartiates, retardés encore, cette fois pour des raisons religieuses, arrivent enfin. Les Grecs, avec des forces beaucoup plus considérables (quarante mille hommes), placées sous les ordres du roi de Sparte, Pausanias, vainquent les Perses, beaucoup plus nombreux, au terme d'une bataille qui a duré trois semaines, au pied du Cithéron, près de Platées (printemps 479) (Lysias, Oraison funèbre). Artabaze, après la mort de Mardonios, ramène ce qui reste de l'armée perse en Asie, en suivant le chemin inverse de l'aller (Thessalie, Macédoine, Thrace). Les conséquences immédiates : les populations des îles et de la côte ionienne secouent le joug de leurs tyrans et expulsent les garnisons perses. Une victoire navale, près de Mycale (automne 479), parachève le triomphe des Grecs. Au printemps suivant une flotte soumettra les cités encore fidèles au Grand Roi. Ces succès ne mettront toutefois pas fin à l'état de guerre. La paix dite de Callias ne sera signée que trente ans plus tard, en 449.

Cette victoire a une portée considérable : plus jamais les Perses n'envahiront la Grèce. Les Grecs ont le sentiment d'avoir vaincu une puissance infiniment supérieure grâce à leur courage assurément mais aussi grâce à la valeur supérieure de leur organisation politique et de leur conception du monde et de l'homme. ( Claude Orrieux, Pauline Schmitt Pantel Histoire grecque).



GRECS et PERSES