Après la deuxième guerre médique (période de 479-449)

Si les Grecs sortent victorieux de la deuxième guerre médique, la victoire a été chèrement payée : la Grèce continentale et l'Attique, occupées par une force étrangère qui avait vécu sur le pays en le pillant et en le ravageant, étaient épuisées. Xerxès était accablé et humilié par les désastres subis, peu disposé, certainement, à reprendre les hostilités, au moins dans un avenir immédiat, mais, malgré les pertes énormes, l'empire pouvait reconstruire facilement ses forces grâce à ses trente millions d'habitants et à l'immensité de ses ressources. De fait il ne chercha pas à profiter des dissensions entre les cités de terriens et Athènes, tout entière tournée vers la mer.

Athènes regroupe les cités opposées aux Perses en une confédération maritime dont le trésor était alimenté par les tributs imposés aux membres soit en argent soit en nature (navires de guerre avec leurs équipages). Les forces de cette coalition éliminèrent les garnisons perses de Thrace, les pirates de la mer Égée et, sous la direction de Cimon qui disposait du pouvoir après avoir obtenu l'ostracisme de Thémistocle en 472, détruisirent à l'embouchure de l'Eurymédon, en Pamphylie, une nouvelle flotte que Xerxès avait fait construire en Phénicie (468).

Peu à peu, dans une lutte qui l'opposa à Sparte et à d'autres cités grecques comme Corinthe ou Égine, toujours sous l'impulsion de Cimon jusqu'à ce qu'il fût à son tour ostracisé en 461, Athènes, en contrôlant de façon de plus en plus étroite les cités membres de la confédération, devint une cité impérialiste. Cimon avait conçu un grand projet oriental qui la conduisait inéluctablement à affronter le Grand Roi, Artaxerxès, qui avait succédé à Xerxès, en 465 (ou 461 ?). En effet, à la mort de Xerxès, des peuples sur lesquels il exerçait sa suzeraineté se révoltèrent. Des troubles éclatèrent en particulier en Égypte où une armée d'Artaxerxès fut écrasée. Les Athéniens virent là une occasion de libérer du joug perse les Grecs de Chypre et du Delta du Nil et de s'assurer le contrôle des terres à blé de la vallée du Nil. Les Athéniens subirent deux graves défaites et perdirent deux flottes dans les canaux du Nil et à son embouchure (454). Quatre ans plus tard, après avoir conclu avec Sparte une trêve de cinq ans, ils envoyèrent dans les eaux de Chypre deux cents trières sous la direction de Cimon, de retour d'exil. Cette flotte vainquit une escadre phénicienne à deux reprises. Cimon mourut au cours de cette guerre. Le moment était venu de traiter avec les Perses : Le Grand Roi renonça à sa domination sur les cités de la côte d'Asie Mineure mais les Athéniens abandonnèrent à leur sort les peuples de Cilicie, de Chypre et d'Égypte (paix de Callias en 449). Ce traité de paix fut respecté par le pouvoir de Suse, même en 440 lorsque les Samiens révoltés contre les Athéniens firent appel aux Perses. Le satrape de Lydie leur promit son aide mais s'abstint finalement de la leur donner. Il est vrai que les Athéniens, entraînés par Périclès, le nouveau dirigeant des affaires, avaient réagi avec vigueur. L'événement montrait que, s'ils se tenaient à distance, les Perses étaient loin de se désintéresser de ce qui se passait près d'eux.



GRECS et PERSES