Après la guerre du Péloponnèse (IVe siècle)

L'histoire de la Grèce entre la fin de la guerre du Péloponnèse et la période de la domination macédonienne est extrêmement compliquée et il serait fastidieux d'entrer dans les détails. Nous nous bornerons ici encore à privilégier les relations entre les cités grecques et l'empire achéménide. Encore convient-il de dégager certains traits caractéristiques de cette histoire.

Au cours du siècle les grandes cités (Sparte, Thèbes, Athènes) jouent l'une après l'autre un rôle prépondérant mais elles s'épuisent à vouloir s'emparer du premier rang et à le tenir. Le Grand Roi n'intervient d'une manière active que sporadiquement dans les affaires de la Grèce mais son influence est toujours importante grâce à l'or qu'il distribue successivement aux uns ou aux autres. Contrairement à ce qui se dit souvent. l'Empire n'est pas sur le déclin, même si sa destruction rapide par le conquérant macédonien donne à le penser. En revanche la fin du siècle voit les cités grecques perdre irrémédiablement leur indépendance politique.

Au terme de la guerre, Sparte, puissance victorieuse, apparaît aux cités sujettes d'Athènes comme une libératrice. Elle jouit d'un grand prestige et de la suprématie. Elle perd bientôt ce capital de confiance car Lysandre, oubliant les promesses faites, substitue en fait la tutelle spartiate à la tutelle athénienne. Elle devient une puissance occupante qui n'a pas, au demeurant, les moyens de sa politique ni sur le plan militaire -du fait de la diminution du nombre de ses citoyens, elle est obligée de faire appel à des populations qui fournissent des troupes de moindre valeur et moins sûres- ni sur le plan économique : le butin recueilli au terme de la guerre est rapidement dépensé et Sparte ne peut plus espérer dominer ses adversaires que dans la mesure où le Grand Roi lui verse les subsides nécessaires. Or celui-ci s'attache à jouer un rôle d'arbitre, soutenant, au gré des circonstances, tantôt Sparte, tantôt d'autres cités, principalement Athènes et Thèbes. Il s'emploie à empêcher les Grecs du continent d'intervenir dans ses affaires en Asie Mineure pour garder sous sa dépendance les cités grecques. Le meilleur moyen est de susciter des rivalités et des conflits entre les cités continentales.



GRECS et PERSES