Prépondérance de Sparte jusqu'en 375

L'expédition des Dix Mille a révélé une certaine faiblesse de l'empire achéménide. À Sparte, Lysandre, le vainqueur d'Athènes, et Agésilas, roi en 399, pensent qu'il faudrait profiter des circonstances pour mener en Asie Mineure, une politique ambitieuse de reconquête. À eux s'opposent ceux qui redoutent l'aventure. Après quelques années pendant lesquelles Sparte a mené des opérations de portée limitée, les cités du Péloponnèse décident, en 395, l'envoi d'une armée dont le commandement est confié à Agésilas. Celui-ci remporte des succès sur Tissapherne, ce qui décide le Grand Roi à se débarrasser du satrape (394). mais Athènes, Thèbes puis Corinthe, soutenues financièrement par la Perse nouent une alliance contre Sparte.

Victorieuse à Coronée (394), Sparte n'en est pas moins sur la défensive : elle a perdu sa flotte et est obligée de retirer ses garnisons installées dans les îles et dans les cités des côtes de la mer Égée. Athènes, abaissée et humiliée, se redresse : elle reconstruit les Longs Murs et reconstitue une flotte. Les Perses se retournent contre Athènes lorsqu'elle se risque à soutenir les Égyptiens et Évagoras, souverain de Salamine de Chypre, révoltés contre eux ; ils imposent en 386, leur paix (paix d'Antalcidas, dite aussi paix du Roi) aux représentants des cités convoqués à Sardes. Dans les années qui suivent, Péloponnésiens, Athéniens et leurs alliés continuent de s'affronter avec des fortunes diverses sur terre et sur mer jusqu'à ce que Thèbes, à son tour, manifeste son intention de mener une politique conquérante. Auparavant le rêve d'engager une nouvelle guerre contre la Perse, où les cités retrouveraient l'esprit qui animait leurs ancêtres au temps des guerres médiques, s'est évanoui malgré le talent des orateurs qui l'ont entretenu, en particulier Isocrate dans son Panégyrique, les responsables de cet échec étant, à ses yeux les Spartiates.



GRECS et PERSES