Prépondérance de Thèbes (entre 375 et 362)

En 382 la citadelle de Thèbes est occupée par un détachement spartiate grâce à la trahison du premier magistrat de la ville. Le chef du parti antispartiate est égorgé ; trois cents Thébains se réfugient à Athènes. En 379, sept bannis, un soir, pénètrent dans Thèbes, égorgent les membres du gouvernement et expulsent la garnison spartiate. En 378, les Spartiates retranchés à Thespies marchent sur le Pirée, ce qui a pour effet de provoquer une alliance défensive entre Athènes et Thèbes. Agésilas, en 378, puis le roi Cléombrote, en 376, échouent dans leur tentative de mettre les Thébains à la raison.

Dans la même période (376-371), Athènes reconstitue, sur d'autres bases, la confédération maritime du Vème siècle en la dépouillant de son caractère impérialiste, au moins temporairement. Un rapprochement entre Athènes et Sparte échoue. La croissance de Thèbes est concomitante avec l'abaissement de Sparte.

En 371 le béotarque Épaminondas, dans la force de l'âge (40 ans), prétend s'engager dans un congrès panhellénique au nom de tous les Béotiens pour faire reconnaître la ligue béotienne. Il se heurte au refus d'Athènes et de Sparte. Avec son ami Pélopidas, un des sept bannis de retour en 379, il déclenche une guerre contre Sparte. En juillet 371, Épaminondas, inaugurant une nouvelle tactique écrase avec ses sept mille hommes les dix mille hommes du Lacédémonien Cléombrote, événement historique : pour la première fois une armée spartiate est vaincue dans une bataille en rase campagne. Cette bataille de Leuctres met fin à la ligue que Sparte dirigeait depuis deux siècles. Épaminondas pénètre avec son armée en Laconie en 370 mais il s'abstient de s'attaquer à Sparte elle-même. Les deux hommes tombent en disgrâce, les Béotiens étant néanmoins inquiets de la politique conquérante des deux hommes. D'autre part les Béotiens se tournent vers le Nord, vers la Macédoine, et s'allient avec un notable de Phères, en Thessalie, Jason, qui a rêvé de réunir la Grèce sous son autorité, comme le feront plus tard les rois de Macédoine. Il est assassiné en 370 ; les Thébains sont appelés au secours contre son successeur, Alexandre, qui se rend odieux. Épaminondas et Pélopidas reviennent sur le devant de la scène en 367. En 366, Épaminondas remporte des succès éphémère en Achaïe. Sparte se tourne vers le Grand Roi mais, à Suse Athéniens et Pélopidas contrecarrent son action. Le Roi rend un arbitrage favorable aux Thébains. L'empire perse est en crise (satrapes loyalistes contre satrapes révoltés) ; les alliances se dénouent à peine formées. Dès 366 Athènes et Thèbes sont aux prises. Faute de posséder une flotte, Thébes ne peut lutter efficacement contre Athènes. La mort de Pélopidas à la bataille de Cynocéphales (364) puis celle d'Épaminondas à Mantinée (362) sonnent le glas des ambitions thébaines.



GRECS et PERSES