APRÈS ALEXANDRE

À la mort d'Alexandre, s'ouvre une crise qui va durer quarante ans environ : ses généraux et leurs héritiers, vont se disputer sa succession et se partager l'empire Le roi, entre les mains duquel se concentraient tous les pouvoirs, n'a pas eu le temps d'organiser le vaste territoire dont il était le maître et en particulier de créer l'administration qui aurait permis au souverain de gouverner un aussi vaste empire, qui s'étendait de la Grèce aux confins de l'Inde. Il lui aurait fallu disposer du temps nécessaire pour créer "une véritable noblesse d'empire" (Claude Orrieux et Pauline Pantel Schmitt), qui aurait rassemblé, comme dans l'armée mixte imaginée par lui, Macédoniens, Grecs, Perses et représentants des peuples de l'Asie conquise, noblesse entièrement dévouée au maître (selon la formule des mêmes historiens : "la volonté du roi, c'est la loi") et rompue aux affaires, héritière des pratiques efficaces des Achéménides et des souverains macédoniens, Philippe et Alexandre lui même. Entreprise d'autant plus difficile qu'Alexandre, contraint de remettre de l'ordre au terme de la très dure campagne qui lui avait permis d'achever la conquête de Darius le Grand en décembre 325, l'avait fait avec une très grande énergie, sans doute, mais aussi la brutalité dans sa conduite à l'égard de ses amis et ses conseillers les plus fidèles, qui caractérise la fin de sa vie : il était devenu incapable de supporter une opinion critique. À sa mort il laisse une oeuvre inachevée et fragile, qui ne résistera pas à l'épreuve du temps et des ambitions de ses généraux. Au terme de ces conflits, le rêve d'un empire universel s'est évanoui. Prennent sa place les grands royaumes de l'époque hellénistique, dont l'existence sera plus ou moins longue face à une nouvelle puissance, vouée elle aussi à la création d'un empire universel, celle des Romains.

À la mort d'Alexandre (7 juin 323), dont la nouvelle se répandit très vite, quelques cités, Athènes surtout, ont pensé recouvrer leur indépendance. Le gouverneur macédonien, Antipatros, disposait d'une armée aux effectifs réduits pour avoir envoyé des renforts, à plusieurs successives en Asie mineure, à la demande d'Alexandre. Les Athéniens, depuis la défaite de Chéronée, avait réorganisé l'éphébie, défini le rôle des stratèges. La ville disposait encore d'une flotte importante (400 navires de guerre ?), d'un arsenal aux agrès. Avec l'argent saisi sur Harpale, elle recrute des mercenaires. Elle engage les hostilités contre Antipatros qu'elle contraint à s'enfermer dans la ville de Lamia -d'où le nom de guerre lamiaque- dans l'attente de renforts qui finissent par arriver (Hypéride, Oraison funèbre). L'avantage numérique est du côté des Macédoniens qui battent les alliés à Crannon, au sud de Larissa (septembre 322). La flotte athénienne est détruite en deux batailles. Parmi les clauses du traité de paix, assez sévères, pour la ville, deux concernent les chefs démocrates, instigateurs de la révolte : Hypéride arrêté et mis à mort, Démosthène n'échappant au même sort qu'en se donnant la mort lui-même. C'en était fini du rôle politique des cités dans l'histoire de la Grèce, non de celui du rayonnement de leur culture.



GRECS et PERSES