PANÉGYRIQUE

Le mot grec panèguris s'emploie pour désigner un rassemblement de tout un peuple à l'occasion d'une grande fête, par exemple les jeux Olympiques. Les épreuves qui s'y déroulent ne sont pas seulement sportives. Ces fêtes, qui ont toujours un caractère religieux, donnent lieu à des activités profanes : concours musicaux, dramatiques, joutes oratoires (cf. les exposés sur Olympie et Delphes). La politique peut y tenir aussi une place importante, comme précisément dans le Panégyrique d'Isocrate

Isocrate travailla une dizaine d'années à la rédaction de ce discours qui fut publié en 380
av. J.C. à l'occasion de la panégyrie d'Olympie de cette année-là. Si le thème du discours n'est pas original (Gorgias, en 392, et Lysias, en 388, l'avaient traité avant lui), il s'accorde avec la pensée profonde d'Isocrate : Athènes et Sparte, doivent surmonter leurs différends, cesser de s'affronter pour l'hégémonie et s'unir, comme elles l'avaient fait à l'époque des guerres médiques, rassembler tous les Grecs pour reprendre la lutte contre leur seul ennemi véritable, les Perses. (Isocrate, Panégyrique et Isocrate, Panégyrique)

Dans ce très long discours, dans lequel il ne raconte pas les événements (Isocrate, Panégyrique), l'argumentation développée par Isocrate s'accompagne d'un éloge d'Athènes. Il ne manque pas de rappeler en effet le rôle prééminent qu'a joué la cité dans la lutte contre les Barbares et la supériorité d'Athènes sur toutes les autres cités grecques (Isocrate, Panégyrique). Il ne manque pas non plus de les opposer aux Lacédémoniens (Isocrate, Panégyrique). Isocrate fait un portrait des Perses, que les Athéniens, comme aussi les Lacédémoniens, méprisent pour leur mollesse, leur lâcheté, leur incompétence dans la guerre (Isocrate, Panégyrique, Xénophon, l'Économique, Xénophon, Helléniques et Xénophon, Helléniques) et haïssent pour le mal qu'ils ont fait et continuent de faire à leur cité et aux autres Grecs. Il affirme aussi qu'il n'y a pas lieu de redouter le Grand Roi, comme bien des événements passés en témoignent (Isocrate, Panégyrique). À plusieurs reprises il exalte la valeur d'Athènes et sa gloire, et il dit pourquoi il faut faire la guerre contre les Barbares en dépit du désastreux traité d'Antalcidas (Isocrate, Panégyrique). Il souligne aussi le rôle malfaisant joué par l'or perse (Xénophon, Helléniques).

Le mot panégyrique qui avait commencé chez les Grecs à désigner un discours d'éloge s'est spécialisé chez les Latins dans ce sens : Pline le Jeune a écrit un Panégyrique de Trajan. Plus tard, des rhéteurs ont écrit, entre 289 et 389 onze discours d'éloge en l'honneur des empereurs. En Gaule, au IVe siècle, ce type de discours est devenu un exercice d'école.

Dans notre langue il s'emploie couramment pour désigner un discours d'éloge d'un personnage important, un roi par exemple, voire un saint : Bossuet a écrit entre autres un Panégyrique de Saint Paul. Le mot peut aussi s'employer par antiphrase, dans un sens ironique.


GRECS et PERSES