OSTRACISME

Définition : À Athènes, décision de bannissement d'un citoyen votée par l'assemblée du peuple (Ecclesia) pour une durée de dix ans. La procédure est la suivante : chaque année, l'assemblée vote sur la question de savoir s'il y a lieu de recourir à l'ostracisme (ostracophorie) : le vote intervient lors d'une autre assemblée plénière. Si d'autres cités ont connu cette procédure, elle demeure dans notre esprit comme une disposition plus particulièrement liée au fonctionnement des institutions athéniennes pendant une durée d'environ soixante-dix ans. Le premier ostracisé fut un parent de Pisistrate (488/487) (Aristote, Constitution d'Athènes), le dernier un certain Hyperbolos (417) dont nous reparlerons (Thucydide, La guerre du Péloponnèse).

Origine du mot : ostrakismos, dérivé d'ostrakon; qui désigne un morceau de poterie, sur lequel on inscrivait le nom de celui qu'on voulait bannir (Plutarque, Vie d'Aristide). Le mot peut désigner la peine de l'ostracisme comme la sentence d'ostracisme.

Quelques exemples célèbres : Aristide en 483, Thémistocle en 471, Cimon en 461, le gendre de Cimon, Thucydide fils de Mélésias, en 443.

Ce que nous savons de la vie de ces personnages, nous permet de comprendre comment les choses se passaient : - La cause de l'ostracisme et les conditions dans lesquelles un homme politique était frappé sont variables mais toujours sa présence dans la cité était devenue insupportable au dèmos (Plutarque, Vie de Thémistocle). Il peut y avoir une raison précise : Cimon fut tenu pour responsable d'un affront que les Spartiates avaient infligé aux Athéniens (renvoi par ceux-ci d'un contingent venu les aider à combattre les hilotes) (Plutarque, Vie de Cimon). D'autres fois, un citoyen est condamné pour sa conduite ou pour les arrière-pensées ou les ambitions qu'on lui prête : la défiance du peuple est attisée par un rival politique : Thémistocle se débarrassa ainsi d'Aristide (Plutarque, Vie d'Aristide).

- Il découle de ce qui précède que ce sont les hommes politiques jouant un rôle important qui sont exposés à cette sanction (Plutarque, Vie de Nicias,). La popularité dont ils jouissent pour services rendus les rend suspects : l'ostracisme est en quelque sorte une mesure préventive. Il n'est pas une peine infamante Le banni conserve ses biens Il peut être rappelé ou autorisé à rentrer avant le terme (Plutarque, Vie d'Aristide). Il retrouve alors la plénitude de ses droits. Aristide et Cimon furent rappelés mais non Thémistocle. De ce point de vue, l'ostracisme qui frappa Hyperbolos, personnage de peu d'envergure, surprend : il avait surpris les Anciens (Plutarque, Vie d'Alcibiade).

Ostracisme en français : le mot est naturellement employé avec le sens qu'il a en grec. Depuis le XVIIIe siècle il s'applique à l'éviction d'un personnage politique de la fonction qu'il exerce dans l'état ou dans un groupement politique puis, par extension, du rejet d'une personne du milieu auquel elle appartient.


 GRECS et PERSES  Après la deuxième guerre médique