Le Perse ennemi héréditaire

C'est un thème non seulement fréquent dans les discours des grands orateurs grecs, surtout Athéniens, mais quasi prédominant. C'est aussi dans ces discours que nous trouvons, tout autant que chez les historiens, l'idée que se font les Grecs de l'empire perse et le portrait de ses habitants.
Ainsi, Isocrate, dans un discours fictif, le
Panégyrique, écrit pour décider les Grecs à se coaliser pour faire la guerre aux Perses, guerre dans laquelle les Athéniens joueraient le rôle qui leur revient de droit, le premier, déclare-t-il :

Des réflexions répétées feraient voir que de telles actions (= celles qu'on engagerait pour "tirer vengeance du passé et réformer l'avenir", pour faire une guerre de libération, qui "vaut mieux que la paix"), sont les plus avantageuses pour nous. En effet, contre qui donc la guerre doit-elle être faite par les gens qui ne sont pas poussés par un esprit d'impérialisme et qui n'ont en vue que la justice? N'est-ce pas contre ceux qui autrefois déjà ont fait du mal à la Grèce, qui en méditent maintenant et qui ont toujours gardé ces sentiments à notre endroit ? [...] N'est-ce pas contre des ennemis naturels et héréditaires qui possèdent beaucoup de biens et sont tout à fait incapables de les défendre ? Or les gens de là-bas (:= les Perses) répondent à toutes ces conditions.

Isocrate, Panégyrique, 183-184 passim


GRECS et PERSES