Antagonisme des Grecs à l'égard des Perses


On trouve exprimé dans d'autres discours cet antagonisme des Grecs à l'égard des Perses. Ce sont ceux qui étaient prononcés à Athènes lorsqu'on célébrait la mémoire des soldats morts à la guerre : les oraisons funèbres (en grec logoi épitaphioi). Nous en avons de nombreux exemples. Nous en examinerons deux : celui attribué à Lysias (vers 440-vers 380) et celui prononcé par Hypéride (vers 390-322).

Lysias étant un métèque ne pouvait prononcer ce discours lui-même. Il l'a rédigé pour un autre, s'il en est bien l'auteur, question controversée qui ne saurait nous retenir. Cette oraison funèbre fut prononcée en l'honneur des soldats qui portèrent secours aux Corinthiens au cours d'une longue guerre qui dura de 395 à 386. Dans un discours de ce type l'orateur se devait de faire l'éloge des guerriers du passé, ce qui permettait d'exalter la valeur des combattants dont on célébrait les funérailles. C'était une loi du genre. Il était quasi impossible de faire preuve d'originalité en traitant ce thème traditionnel. Lysias s'y est soumis comme tant d'autres.

Je vais d'abord exposer les luttes soutenues par nos ancêtres dans les anciens temps et dont la renommée a transmis le souvenir. Elles méritent qu'on les commémore partout, soit dans les chants de la poésie, soit dans les discours à la louange des bons citoyens, soit dans les hommages que nous leur rendons en des occasions comme celle-ci, soit dans les leçons dont les exploits des morts offrent aux vivants la matière.

Lysias, Oraison funèbre, 3

Dans ces guerres, qui appartiennent à l'histoire pour les Grecs alors qu'elles ont parfois, à nos yeux un caractère mythique (par exemple celle contre les Amazones), les guerres contre les Barbares occupent une place privilégiée.

[Lysias montre qu'un même esprit anime les Athéniens contre les tyrans, contre les Barbares, pour la démocratie]

[...] Les Athéniens méritent seuls d'être les patrons des Grecs et les guides des cités [...] Quand l'hégémonie eut passé à d'autres mains, les Grecs furent vaincus sur mer par un peuple qui n'osait plus auparavant s'y aventurer. Les Barbares font voile vers l'Europe ; les cités grecques sont asservies et des tyrans s'y installent, les uns après notre revers, les autres après la victoire des Barbares.

[Les propos de Lysias se rapportent aux événements survenus dans les premières années du IVe siècle, qui voient l'empire perse retrouver une partie de sa puissance et dominer de nouveau les cités grecques d'Asie Mineure].

Lysias, Oraison funèbre, 57- 59 passim


GRECS et PERSES