Il existe d'abord une parenté entre les Grecs et les Perses mais ils sont très différents les uns des autres.

L'auteur tragique Eschyle est né en 525 à Éleusis. Il remporta sa première victoire dans les concours de tragédie en 484. Ancien combattant des deux guerres médiques, il participa aux deux grandes batailles de Marathon et Salamine.
Les Perses, la première tragédie de lui qui ait été conservée, fut représentée en 472. Le sujet de la pièce, presque sans action, est l'attente angoissée des nouvelles de l'expédition de Xerxès à la cour des Achéménides, puis la nouvelle de la défaite apportée par un messager et l'explication du désastre par le fantôme de Darius le Grand (les dieux ont châtié l'orgueil et la démesure de son fils), l'arrivée du vaincu au milieu des lamentations.
La pièce nous donne la représentation que se font les Grecs de l'empire perse et des Perses, des événements, de leur signification, par la voix des Perses eux mêmes : les dignitaires (les Fidèles), la reine Atossa, veuve de Darius, la mère du roi, un combattant, le messager, Darius et enfin Xerxès.

La reine Atossa vit chaque nuit au milieu des songes mais jamais elle n'en a vu un aussi net que celui de la nuit précédente

"Deux femmes, bien mises, ont semblé s'offrir à mes yeux, l'une parée de la robe perse, l'autre vêtue en Dorienne, toutes deux surpassant de beaucoup les femmes d'aujourd'hui, aussi bien par leur taille que par leur beauté sans tache. Quoique soeurs du même sang, elles habitaient deux patries, l'une la Grèce, dont le sort l'avait lotie, l'autre la terre barbare. Ils me semblaient qu'elles menaient quelque querelle et que mon fils, s'en étant aperçu, cherchait à les contenir et à les calmer -cependant qu'il les attelle à son char et leur met le harnais sur la nuque. Et l'une alors de tirer vanité de cet accoutrement et d'offrir une bouche toute docile aux rênes, tandis que l'autre trépignait, puis, soudain, de ses mains met en pièces le harnais qui la lie au char, l'entraîne de vive force en dépit du mors, brise enfin le joug en deux. Mon fils tombe ; son père, prêt à le plaindre, Darios, paraît à ses côtés ; mais dès qu'il le voit, Xerxès déchire les vêtements qui couvrent son corps! Voilà d'abord mes visions de la nuit".

Eschyle, Les Perses, v. 181-200


QUI SONT LES PERSES ?