Les Grecs et les Perses au début du IVe siècle

Tandis que (le Grand Roi) n'a rien de plus avantageux pour lui que d'empêcher tout arrêt dans nos guerres intestines, nous autres, nous sommes si loin de bouleverser quelqu'une de ses affaires ou de provoquer chez lui des révoltes, que nous cherchons même à l'aider à apaiser les désordres qui l'atteignent par hasard, nous qui le laissons employer l'une et assiéger l'autre des deux armées qui se trouvent à Chypre, alors que toutes les deux appartiennent à la Grèce.

Isocrate, Panégyrique, 134

Les conséquences du désastreux traité d'Antalkidas

[...] il a réalisé ce que n'avait jamais obtenu aucun de ses ancêtres : l'Asie a été reconnue et par nous et par les Lacédémoniens comme possession du Roi ; et il a reçu sur les villes grecques un pouvoir suffisant pour détruire les unes et élever des citadelles dans les autres. Et tout cela s'est produit par notre folie et non par sa puissance.

Isocrate, Panégyrique, 137

Faut-il redouter le Grand Roi ?

Certains "admirent la grandeur des ressources du Roi et prétendent qu'il est difficile de le combattre" (138) et"veulent exalter les actions des barbares" (143). Isocrate leur répond en énumérant ses très nombreuses défaites, principalement dans des combats contre des Grecs, à toutes les époques. Dans un long développement (145-149), il évoque l'expédition des Dix Mille.

Et vraiment ce n'est pas non plus l'armée qui monte la garde autour du Roi, ni la valeur des Perses qui méritent d'être redoutés. Car ceux qui ont accompagné Cyrus dans sa marche ont démontré clairement que ces gens-là ne valaient pas mieux que les riverains de la mer.

Isocrate, Panégyrique, 145

Mais, quand, après la mort de Cyrus, tous les habitants de l'Asie furent ensemble, dans ces circonstances ils combattirent de façon si honteuse qu'ils n'ont laissé aucun argument aux gens habitués à louer la valeur des Perses.

Isocrate, Panégyrique, 146

En résumé ces gens qui n'étaient pas venus [seulement] pour piller et n'avaient fait qu'occuper une bourgade, mais avaient dirigé une expédition contre le Roi lui-même, revinrent avec moins de risques que les ambassadeurs qui vont vers lui en amis (allusion à divers incidents du début du IVe siècle (cf édition Budé).

Isocrate, Panégyrique, 149


PANÉGYRIQUE