Détérioration de la situation des Grecs

après l'abaissement d'Athènes à la fin du Ve siècle et au début du IVe siècle. Situation respective des Grecs et des Perses.

Que cela (= le fait que les Perses se tenaient tranquilles par l'action d'Athènes) eût pour cause le courage de nos ancêtres, les malheurs de notre cité l'ont clairement démontré : en effet c'est au moment même où l'empire nous fut enlevé, que la situation de la Grèce commença à empirer. Après notre échec survenu dans l'Hellespont, quand d'autres eurent l'hégémonie, les barbares remportèrent des victoires navales, s'emparèrent de l'empire de la mer, occupèrent la plupart des îles, firent une descente en Laconie, prirent de force Cythère, firent le tour complet du Péloponnèse en le ravageant.

On verrait parfaitement l'importance du changement en lisant les uns à côté des autres les traités conclus sous notre empire et ceux qui sont maintenant affichés. On verra qu'autrefois c'était nous qui délimitions l'empire du barbare, fixions certains des tributs et lui interdisions l'usage de la mer ; maintenant c'est lui qui règle les affaires des Grecs, ordonne ce que chacun doit faire et s'abstient tout juste d'établir des gouverneurs dans les villes. À part cela , que lui reste-t-il à faire ? N'a-t-il pas commandé à la guerre, n'a-t-il pas présidé à la paix et n'est-il pas devenu l'arbitre de la situation présente ? N'allons-nous pas vers lui comme un maître pour nous accuser mutuellement ? Ne l'appelons-nous pas le Grand Roi comme si nous étions ses captifs ? Dans nos guerres mutuelles ne mettons-nous nos espoirs de salut en lui qui aimerait à nous faire tous périr ?.

Isocrate, Panégyrique, 119, 120, 121

Les Lacédémoniens sont responsables des malheurs des Grecs : sous le prétexte de libérer les cités grecques de l'hégémonie d'Athènes, ils les ont en fait livrées aux barbares (traité d'Antalkidas).

Autrefois ils s'indignaient quand nous prétendions commander à quelques Grecs en respectant les lois ; maintenant que ceux-ci sont soumis à un tel esclavage, ils ne se soucient pas de ces gens qui, non seulement paient un tribut et voient leurs citadelles occupées par leurs ennemis, mais qui, en plus des malheurs publics, supportent des souffrances corporelles plus pénibles que les esclaves que nous avons achetés ; car personne chez nous ne tourmente ses serviteurs de la façon dont les gens de là-bas châtient les hommes libres. Mais le plus grand de tous les maux, c'est pour eux d'être forcés à partir en expédition pour affermir leur propre servitude, de combattre contre ceux qui aspirent à la liberté et de s'exposer à des dangers où la défaite causera leur perte immédiate et où le succès rendra leur esclavage plus dur pour l'avenir.

Isocrate, Panégyrique, 123, 124

Mais le plus terrible de tout, c'est de voir les gens qui revendiquent l'hégémonie, faire chaque jour des expéditions contre les Grecs et conclure une alliance éternelle avec les barbares.

Isocrate, Panégyrique, 128


PANÉGYRIQUE