Sur la proskinésis

Montés ensuite à Suse et introduits en la présence du Roi, ils (= les Lacédémoniens), ils commencèrent , quand les gardes leur ordonnèrent de se prosterner pour adorer le Roi et voulurent les y contraindre, par refuser de le faire, même si on les poussait à terre la tête en bas ; car, disaient-ils, ce n'était pas dans leur coutume d'adorer un homme, et ils n'étaient pas venus pour cela. Puis, après s'être défendus sur ce pont, ils s'adressèrent à Xerxès en ces termes et termes approchants :"Roi des Mèdes, les Lacédémoniens nous ont envoyés pour expier en leur nom le meurtre des hérauts qui ont péri à Sparte." Et Xerxès, entendant ces paroles, répondit avec grandeur d'âme qu'il ne rendrait pas aux Lacédémoniens la pareille ; qu'ils avaient, eux ,violé les lois reconnues par tous les hommes, en faisant périr des hérauts ; qu'il ne ferait pas par représailles périr ces hommes pour décharger les Lacédémoniens de leur culpabilité.

Hérodote, Histoires, VII, 136

La proskinésis n'est pas seulement une marque de respect à l'égard du Roi. Elle est en usage dans la vie quotidienne, comme l'atteste Hérodote lui-même.

Quand ils [=les Perses] se rencontrent sur les chemins, on peut reconnaître à ce signe si ceux qui s'abordent sont du même rang : au lieu de se saluer par des paroles, ils se baise à la bouche. L'un des deux est-il de condition légèrement inférieure, ils se baisent sur les joues. Si l'un est d'une naissance beaucoup plus basse, il se jette à genoux et se prosterne devant l'autre.

Hérodote, Histoires, I, 134


POUR UNE CONCLUSION