Sur l'empire perse règne un despote, Athènes est une cité libre

Cette opposition est déjà exprimée dans le récit que fait Atossa de son songe (la femme barbare est docile, la femme grecque révoltée).

Elle se manifeste dans les objectifs attribués aux belligérants : les Athéniens combattent pour sauver leur cité et la Grèce tout entière, Xerxès veut conquérir le monde et réduire les Grecs en esclavage.

Les voisins du Tmôlos sacré se flattent aussi de jeter sur la Grèce le joug de l'esclavage (v.49-50)

La Reine -[...] Mais il est des choses que je voudrais d'abord savoir, amis : en quel point de la terre est, dit-on, située Athènes ?
Le Coryphée - Très loin, au couchant même, où disparaît monseigneur le Soleil.
La Reine - Et mon fils désirait conquérir cette ville ?
Le Coryphée - Toute la Grèce alors eût obéi au Roi.
La Reine - Ont-ils donc une armée si bien fournie en hommes ?
Le Coryphée - Dis plus : une armée qui a fait beaucoup de mal aux Mèdes.
La Reine - Et avec cela ? ont-ils dans leurs maisons richesse suffisante ?
Le Coryphée - Une source d'argent, un trésor que garde la terre.
[...]
La Reine - Et quel chef sert de tête et de maître à l'armée ?
Le Coryphée - Ils ne sont esclaves ni sujets de personne. [...] (v. 230-242)

Xerxès est un maître absolu qui n'a de comptes à rendre à personne :

La Reine - Car, vous le savez, si mon fils réussit, il sera un héros sans pareil ; s'il échoue, il n'a point de comptes à rendre au pays, et, pourvu qu'il revienne, il restera toujours le maître de cette terre (v. 211-214).

Cette lutte pour la liberté s'exprime dans l'appel que lancent les marins et les combattants de la flotte athénienne :

"Allez, enfants des Grecs, délivrez la patrie, délivrez vos enfants et vos femmes, les sanctuaires des dieux de vos pères et les tombeaux de vos aïeux : c'est la lutte suprême !" (v. 402-405)

Eschyle, Les Perses, passim


Les Grecs d'Asie Mineure sous la domination perse