Marathon

À eux seuls (=les ancêtres des guerriers couchés en ce lieu) ont, pour le salut de l'Hellade entière, affronté de nombreuse myriades de Barbares. Le roi de l'Asie, qui n'avait pas assez de ses possessions et se flattait encore d'asservir l'Europe, envoya contre nous une armée de cinq cent mille hommes.

[...]Nos ancêtres, sans raisonner sur le péril, persuadés qu'une mort glorieuse laisse le renom immortel de nos belles actions, ne tremblèrent pas devant le nombre ; ils eurent confiance en leur valeur. Honteux de voir les barbares sur leur sol, ils n'attendent pas que les alliés soient informés de leur situation et viennent à leur secours : au lieu de devoir à d'autres leur salut, c'était à eux, pensaient-ils, de sauver le reste de la Grèce. Dans ce sentiment unanime, leur petite troupe marche au-devant d'un ennemi nombreux. [. ..] Sauveurs de la Grèce, ils triomphèrent sur leur propre sol de ces Barbares que la cupidité avait jetés sur un pays étranger. Le combat fut livré si rapidement que les mêmes messagers allèrent annoncer aux autres Grecs l'arrivée des Barbares sur notre sol et la victoire de nos ancêtres.

Lysias, Oraison funèbre, 20-26 passim


La première guerre médique