Salamine

À la suite de cet événement, Xerxès, roi de l'Asie, qui avait méprisé la Grèce, mais qui se voyait déçu dans son espoir et déshonoré par la défaite ; inconsolable d'un pareil malheur, irrité contre ceux qui en étaient la cause, n'ayant pas l'expérience de la mauvaise fortune et de ce que peuvent des hommes de coeur, partit dix ans plus tard, après avoir préparé son expédition : il avait douze cents vaisseaux et, comme troupes de terre, une foule si prodigieuse qu'il serait trop long d'énumérer seulement les races qui la composaient. [Lysias rappelle le pont de bateaux lancé sur l'Hellespont, le percement du Mont Athos, la victoire navale des Athéniens à l'Artémision, la mort des Lacédémoniens invaincus aux Thermopyles, la menace terrible à laquelle est exposée Athènes]. [Les Athéniens] voient deux partis s'offrir à eux : abandonner leur pays, ou se joindre aux Barbares pour asservir les Grecs. Ils aiment mieux la pauvreté et un exil courageux avec la liberté, qu'une prospérité déshonorante dans l'asservissement de la patrie, et, pour le salut de la Grèce, ils quittent leur ville, afin d'affronter tour à tour l'une et l'autre armée, au lieu de les combattre toutes les deux en même temps. [Lysias décrit d'une manière pathétique et redondante la situation critique des Athéniens, la victoire de leur flotte].

Leur victoire sur mer montra au monde entier qu'une poignée d'hommes affrontant la lutte pour leur liberté vaut mieux que des foules d'esclaves combattant sous un roi pour leur servitude [...] Ainsi grâce à leur belle conduite dans la bataille navale, à la part prépondérante qu'ils eurent dans les combat, leur valeur personnelle put assurer la liberté commune.

Lysias, Oraison funèbre, 27-44, passim


La deuxième guerre médique