Les Grecs délibèrent sur la route à suivre pour retourner en Grèce.

Les serments étant échangés, Cléarque parla ainsi : " Voyons, Ariée (=un notable perse, fidèle à Cyrus de son vivant), puisque vous avez à faire le même chemin que nous, dis-nous ton idée sur la route que nous devons suivre : prendrons-nous celle par laquelle nous sommes venus, ou bien crois-tu en connaître une autre qui soit préférable ?" - " Si nous retournions, dit Ariée, par la route que nous avons prise à l'aller, nous mourrions de faim, jusqu'au dernier, car aujourd'hui nous n'avons à notre disposition rien de ce qui nous est nécessaire. Pendant les dix-sept dernières étapes, en venant ici, nous ne trouvions même rien à prendre dans la contrée, et là où il y avait quelque chose, nous l'avons consommé à notre passage. Cette fois, nous pensons suivre une route plus longue sans doute, mais où nous ne manquerons pas du nécessaire. Les premières étapes, il faut les faire les plus longues que nous pourrons, pour mettre la plus grande distance possible entre l'armée du Roi et nous. Une fois que nous aurons gagné sur lui deux ou trois jours de route, il n'y aura plus de danger qu'il puisse nous rejoindre. Avec une armée peu considérable, il n'osera pas marcher sur nos talons ; s'il en prend une plus nombreuse, il ne pourra pas aller vite. Peut-être aussi qu'il manquera de vivres. Telle est, dit-il, mon idée à moi."

Xénophon, Anabase, II, II, 10 à 12)