Ostracisme d'Aristide, victime des insinuations calomnieuses de Thémistocle.

Quant à Aristide, son surnom (= le juste) d'abord le fit aimer, puis suscita contre lui l'envie, surtout quand Thémistocle fit courir dans le peuple le bruit qu'Aristide, en jugeant et décidant de tout, avait réduit à rien les tribunaux et s'était clandestinement constitué une monarchie sans gardes du corps. Déjà sans doute aussi le peuple, enorgueilli par la victoire (= sur les Perses, à Marathon) et nourrissant les plus grandes prétentions, supportait mal ceux que leur réputation élevaient au-dessus de la foule. [...] les Athéniens [...] prononcèrent l'ostracisme contre Aristide, en déguisant sous le nom de peur de la tyrannie, la jalousie que leur inspirait sa renommée.

Plutarque, Vie d'Aristide, 7, 1 et 2


OSTRACISME