À propos d'un ostracisme projeté, celui d'Hyperbolos.

Il y avait un certain Hyperbolos, du dème de Périthoïde, dont Thucydide parle comme d'un méchant homme et qui fournissait à tous les poètes comiques indistinctement une matière perpétuelle de raillerie sur la scène. Mais, indifférent aux mauvais propos et endurci par ce mépris de l'opinion que certains appellent assurance et courage, et qui n'est qu'impudence et sottise, il ne plaisait à personne, mais le peuple se servait de lui quand il voulait humilier et calomnier les citoyens en vue. À son instigation, les Athéniens allaient alors prononcer l'ostracisme, par lequel ils rabaissent successivement et chassent les citoyens qui dépassent les autres en renommée et en puissance, moins pour calmer leur crainte que pour apaiser leur jalousie. [Alcibiade travaille à renverser la situation] et il fit tomber l'ostracisme sur Hyperbolos. (...) Il fit chasser Hyperbolos qui ne s'y attendait nullement. Car jamais un homme sans mérite et sans réputation n'encourait ce traitement, comme l'a dit à peu près Platon le Comique à propos d'Hyperbolos :
"Cette peine, que sa conduite a méritée,
Convient mal pour un être aussi taré que lui :
L'ostracisme n'est pas fait pour de telles gens."

Plutarque, Vie d'Alcibiade, XIII, 4 passim


OSTRACISME