La religion grecque diffère à bien des égards des religions de nos sociétés contemporaines, d'abord par la place qu'elle occupe dans la société. Elle n'est pas confinée dans un secteur à part, mais présente à toutes les étapes de la vie humaine, elle est impliquée dans tous les domaines de l'activité politique, sociale, familiale.
Il n'y a donc pas d'oppositions tranchées entre des zones que nous sommes habitués à séparer: ainsi la participation à la vie religieuse de la cité d'où sont exclus étrangers et esclaves, est-elle la marque par excellence du citoyen. De même la conception que se font les Grecs de la divinité est différente.
S'il est bien des manières d'honorer et de solliciter dieux
et héros, les prières, les offrandes, les libations
et le sacrifice constituent les actes essentiels des pratiques
religieuses qui jalonnent et ordonnent la vie publique et privée
du citoyen. La piété (eusébéia) consiste
avant tout à les accomplir selon les règles fixées
par la tradition : toute atteinte à ce domaine sacré,
sentie comme une atteinte à la cité, est l'objet
de poursuite judiciaire visant à exclure l'impie de la
communauté. (Démosthène,
Contre Nééra,)
Dans la mesure où la religion grecque repose essentiellement sur des rites qu'il faut accomplir selon les coutumes et les règles ancestrales, il n'existe pas de clergé, de classe sacerdotale, à qui seraient réservés l'enseignement des fidèles et le service des dieux. Les prêtres ne sont nullement les intermédiaires indispensables à l'accomplissement des actes du culte ; le père de famille, on l'a vu, accomplit à la maison les sacrifices privés, en campagne, ce rôle échoit au stratège. Cependant la gestion et l'entretien des sanctuaires, l'organisation du culte et des fêtes nécessitent un personnel particulier à qui la cité confie ces différentes tâches. On distinguera à cet égard les charges religieuses remplies au nom de l'état par certains magistrats et commissaires de celles exercées par les prêtres.
La vie privée de l'individu dans les grandes étapes que sont la naissance, le passage à l'âge adulte, la mort confirme l'importance de la religion qu'on a vue si présente dans la vie de la cité et du citoyen. Chacune de ces étapes, en effet, est accompagnée d' un rituel religieux spécifique qui lui confère validité et statut officiel.
La vie religieuse de la cité peut, de prime abord, étonner l'homme du XXe siècle, tant elle paraît empreinte d'un sentiment certes diffus mais réel du sacré d'un côté, et, de l'autre, du respect pointilleux (Tite-Live, Histoire romaine) jusque dans les moindres détails d'un nombre incalculable de petites ou grandes interdictions ou prescriptions (Caton, De re rustica) qui ont pour but de préserver (ou de rétablir) la paix des dieux "pax deorum", paix entre les dieux et la cité.
Religion et superstition
Notre langue et les dieux romains
| La vie dans la cité et hors de la cité | Musée Vivant de l'Antiquité |
Académie de Versailles
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Dernière mise à jour, le 24/01/03 |