La prière


Les sacrifices sont toujours accompagnés de prières et de libations qui peuvent bien sûr être faites en dehors d'eux. La prière (eukhè) reste la façon la plus simple de manifester sa piété envers les dieux : tenue pour efficace en raison de la vertu de la parole prononcée, censée agir comme une puissance, elle renforce d'autres rituels.

Elle est adressée aux dieux en de multiples circonstances (Platon, Timée) et de préférence près d'un lieu sacré. (Homère, Odyssée) La même exigence de pureté est requise : les héros homériques revêtent des vêtements sans souillure (Homère, Odyssée) ou se lavent les mains avant de prier, on fait chez soi ou dans les sanctuaires des ablutions.

Les Grecs prient debout, les bras tendus vers la statue du dieu ou vers le ciel. (Homère, Iliade) Sans formule fixe sauf dans les rituels initiatiques, la prière commence par une invocation, appel à la divinité dont on veut attirer l'attention, puis vient la demande qui peut être soit très précise soit formulée de façon vague quand elle n'est pas inspirée par une circonstance particulière.

Une prière de sollicitation devient souvent votive lorsqu'à l'invocation et à la demande s'ajoute la promesse d'une offrande si la faveur demandée est accordée ; il existe aussi des prières consultatives comportant une question à laquelle on demande aux dieux de répondre par un signe. Les prières qui contiennent malédictions et imprécations, notamment à la fin des serments contre le parjure, sont le plus souvent désignés par le mot arai (au pluriel) : l'homme s'engage lui-même devant les dieux et la communauté et se voue lui et ses descendants à la vengeance des dieux s'il faillit à ses engagements. (Lysias, Contre Conon)

Religion II La vie dans la cité et hors de la cité Musée Vivant de l'Antiquité