Les libations


Les libations, spondè au singulier et spondai au pluriel, sont un autre rite caractéristique des pratiques religieuses consistant à verser sur un autel ou sur le sol une partie d'un liquide, vin mêlé d'eau le plus souvent, en offrande aux dieux.

Associées avec les prières aux sacrifices, elles constituent aussi un rite autonome accompli quotidiennement au lever, avant de s'endormir et toujours au moment du dîner. (Homère, Odyssée) La libation comporte alors comme lors du sacrifice thusia, un aspect religieux et un aspect festif : le début et la fin du repas sont accompagnés de libations ; le banquet, symposion, qui suit le dîner et qui se passe à boire et à converser, est toujours précédé de libations. (Platon, Le Banquet)

Elles marquent aussi un départ ou une arrivée qu'elles placent sous la protection des dieux et elles sont enfin si bien de règle pour sceller alliances, trêves et traités, que le mot spondai est devenu le terme usuel pour désigner le traité, développement sémantique qui marque une fois de plus la liaison si caractéristique en Grèce du politique et du religieux. (Thucydide, Histoire de la guerre du Péloponnèse)

Un autre type de libations est destiné aux puissances chthoniennes et aux morts ce sont les khoai, du verbe khéô " répandre en quantité", étroitement liées aux sacrifices désignés comme énagismata. Elle consiste aussi en liquide versé mais on n'en boit aucune part, le liquide consacré est en effet entièrement répandu sur le sol ou sur le tertre funéraire. Alors que l'on peut, selon le rituel des spondai, faire une libation de n'importe quelle boisson, les règles semblent plus précises dans le cas des khoai : elles excluent très souvent le vin, sauf dans le rite d'évocation des morts et se composent d'eau, de miel, de lait au pouvoir apaisant et par là apotropaïque. (Eschyle, Les Perses)

Religion II La vie dans la cité et hors de la cité Musée Vivant de l'Antiquité