Procès pour impiété


Outre les deux procès de Socrate et d'Anaxagore, on connaît toute une série de procès intentés par la Cité pour des infractions rituelles ou des fautes commises contre la dignité des cultes ; ainsi l'accusateur de Nééra, coupable selon lui d'un double sacrilège, rappelle pour l'exemple la condamnation d'Archias.

Vous avez condamné Archias, l'ancien hiérophante ( grand prêtre des mystères d'Eleusis, élu à vie), convaincu d'impiété devant le tribunal pour avoir accompli des sacrifices contrairement aux traditions. Entre autres griefs, on lui avait reproché d'avoir immolé pour la courtisane Sinopè une victime qu'elle lui avait amenée, lors des Haloa, auprès de l'autel de la cour à Eleusis ; or il n'est pas permis de sacrifier des victimes ce jour-là et, en outre, ce n'est pas à lui qu'il importe de sacrifier, mais à la prêtresse ...

(cet) homme qui était de la famille des Eumolpides, qui avait de nobles ancêtres [...] rien ne lui a servi, ni les prières de ses parents et de ses amis, ni les liturgies que lui et ses ancêtres avaient accomplies, ni son titre de hièrophante : vous le jugiez coupable, vous l'avez frappé.

Démosthène, Contre Nééra, 116-117


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