Description des funérailles nationales


C'est la première année de la guerre du Péloponnèse, au cours de l'hiver, en 431.

Les Athéniens, selon l'usage traditionnel chez eux, firent des funérailles officielles aux premiers morts de la guerre. Voici comment ils procèdent. Les ossements des défunts sont exposés, deux jours à l'avance, sous une tente que l'on a dressée ; et chacun apporte, à son gré, des offrandes à qui le concerne.

Puis, au moment du convoi, des cercueils de cyprès sont transportés en char, à raison d'un par tribu : les ossements y sont groupés, chaque tribu à part ; et l'on porte un lit vide, tout dressé : celui des disparus, dont on a pas trouvé les corps pour les recueillir. A ce convoi participent librement citoyens et étrangers ; et les femmes de la famille sont présentes, au tombeau, faisant entendre leur lamentation.

On confie alors les restes au monument public, qui est situé dans le plus beau faubourg de la ville (le Céramique extérieur) et où l'on ensevelit toujours les victimes de la guerre - à l'exception des morts de Marathon : pour ceux-là, jugeant leur mérite exceptionnel, on leur donna la sépulture là-bas, sur place.

Une fois que la terre a recouvert les morts, un homme choisi par la cité, qui passe pour n'être pas sans distinction intellectuelle et jouit d'une estime éminente, prononce en leur honneur un éloge approprié ; après quoi, l'on se retire.

Thucydide, Histoire de la guerre du Péloponnèse, II, 34


La Mort