Le culte des Lares


Ah! protégez-moi, Lares de mes pères: c'est vous aussi qui m'avez nourri, lorsque, petit enfant, je courais à vos pieds. Et ne rougissez pas d'être taillés dans un vieux tronc: ainsi vous habitâtes l'antique demeure de mon aïeul. On observait mieux sa foi, quand, objet d'un culte pauvre, le dieu avait sa statue de bois dans une étroite chapelle. On l'apaisait en lui offrant une grappe de raisin, ou en ceignant d'une guirlande d'épis sa chevelure sacrée; et celui dont le voeu était exaucé lui apportait lui-même des gâteaux et, derrière lui, marchait sa fille, toute petite, tenant un pur rayon de miel. Eh bien! dieux Lares, écartez de nous les traits d'airain [...] et vous aurez comme victime une truie rustique de mon étable pleine; je la suivrai avec un vêtement pur et je porterai une corbeille enguirlandée de myrte, ayant aussi des guirlandes de myrte sur la tête. Puissé-je ainsi vous plaire!

Tibulle, Elégies, I, 10, 15-29


Le culte privé