le culte public


Ce que nous appelons, d'un mot commode, la religion romaine, est une religion polythéiste qui comporte un ensemble complexe de croyances, de rites (Tibulle, Elégies) et de superstitions (Ovide, Les Fastes) et qui a considérablement évolué au cours des dix siècles de son histoire.

Les Romains craignaient et respectaient leurs dieux, qui étaient relativement nombreux. Le plus important, Jupiter, dieu de la lumière, maître de la foudre, était honoré sur le Capitole, avec Junon et Minerve - c'est la "Triade Capitoline". Certains de ces dieux, latins à l'origine, ont été progressivement assimilés à ceux de la Grèce - c'est le cas des douze Olympiens; d'autres, en revanche, étaient tellement particuliers qu'ils n'ont pas eu de correspondant grec: Janus, Silvanus (Horace, Epîtres) en sont des exemples.

Les actes du culte sont les prières, (Tite-Live, Histoire romaine) les offrandes, (Virgile, Géorgiques, Caton, De re rustica) les sacrifices (Tite-Live, Histoire romaine) et les "Jeux" (Macrobe, Saturnales). Le mot "templum", espace délimité dans le ciel par l'augure brandissant son "lituus" (bâton), (Tite-Live, Histoire romaine) a désigné plus tard l'édifice religieux rectangulaire entouré d'une colonnade; il abrite la statue du dieu, mais c'est à l'extérieur que se déroulent les cérémonies. Il existe d'autres lieux sacrés (Tite-Live, Histoire romaine) : le "pomoerium", enceinte sacrée de la ville, le "lucus", bois sacré. Lors du sacrifice, l'haruspice examine le foie et les entrailles de la bête sacrifiée pour voir si les dieux l'agréent ou non ("si fas est"). Les dieux sont également consultés lors d'une décision importante pour la cité, par la prise d'auspices: en regardant (-spicere) le vol des oiseaux (aves) dans le ciel, l'augure déchiffre la volonté divine. S'il voit un oiseau dans la partie gauche du ciel ("sinister" - sinistre), c'est un oiseau de mauvais augure; dans le cas contraire, l'oiseau est un signe positif. Les dieux montrent ainsi leur volonté au travers des présages. (Tite-Live, Histoire romaine)

Chaque dieu a son prêtre, qui est en quelque sorte un "fonctionnaire" religieux de la cité; les quinze les plus importants portent le nom de flamine. Au collège des flamines s'ajoutent ceux des haruspices et des augures, plus diverses confréries ayant des charges diverses. Le sommet de la hiérarchie religieuse est occupé par trois personnes: d'abord le "rex sacrorum", roi du sacré (on dit aussi roi des sacrifices); sa fonction est purement honorifique; ensuite le "Pontifex Maximus" grand pontife, dont le nom est attaché à l'idée de construction de pont; ses pouvoirs sont réels, et les empereurs l'ont exercée; enfin le flamine de Jupiter, flamen dialis, comme prêtre du plus puissant des dieux. Les seules femmes exerçant une responsabilité religieuse (Caton, De re rustica) sont les Vestales, astreintes au célibat et à la virginité, (Tite-Live, Histoire romaine) alors que les autres prêtres ne le sont pas, et qu'ils peuvent cumuler magistrature religieuse et civile. La déesse même qu'elles desservent, incarnation de la cité, n'a pas de statue dans le seul temple rond de la cité: seul le feu que les Vestales entretiennent scrupuleusement marque la présence de la déesse.

Religion La vie dans la cité et hors de la cité Musée Vivant de l'Antiquité