Les sacrifices


Sacrifiera qui voudra, quand il voudra et selon le rite qu'il voudra; de quelque manière que soit fait le sacrifice, il sera valable. Si l'animal voué au sacrifice meurt avant d'être immolé, on le considérera comme propriété humaine et non divine ; s'il est blessé ou tué accidentellement , il n'y aura pas faute ; s'il est volé, ni le peuple romain ni celui à qui il aura été volé ne sera tenu pour responsable ; si on le sacrifie par ignorance, un jour interdit, ce sera valable ; que le sacrifice se fasse de jour ou de nuit, que le sacrificateur soit esclave ou libre, ce sera valable ; si on procède au sacrifice avant la date fixée par le Sénat et l'assemblée, le peuple romain en sera quand même tenu pour quitte.

Tite-Live, Histoire romaine, XXII, 10, 4-6

Ce qui effraya encore, outre de si grands désastres, ce fut, entre autres prodiges, que, cette année-là, deux Vestales, Opimia et Floronia, avaient été convaincues d'inceste: l'une fut, selon la coutume, enterrée vivante à la porte Colline, l'autre s'était elle-même donné la mort; Lucius Cantilius, scribe pontifical, de ceux qu'on appelle aujourd'hui "pontifes mineurs", complice de Floronia, fut, sur le Comitium , battu de verges par le grand pontife, jusqu'à ce qu'il expirât sous les coups.

Ce sacrilège ayant été, comme c'est fréquent au milieu de tant de désastres, tourné en prodige, on invita les décemvirs à aller consulter les Livres sibyllins, et l'on envoya à Delphes Quintus Fabius Pictor demander à l'oracle par quelles prières, quelles supplications les Romains pouvaient apaiser les dieux, et quelle serait la fin de si grands désastres. Cependant, sur l'indication des livres du destin, on fit plusieurs sacrifices extraordinaires: entre autres, un Gaulois et une Gauloise, un Grec et une Grecque furent enterrés vivants au marché aux Boeufs, dans un endroit clos de pierres, arrosé déjà auparavant du sang de victimes humaines, cérémonie religieuse bien peu romaine.

Tite-Live, Histoire romaine, XXII, 57, 2-6


le culte public