Les années bissextiles

Si les Romains, comme d'autres peuples anciens, ont remarqué le retour régulier de certains phénomènes célestes et météorologiques, ils ont eu tout de même un certain mal à réunir leurs observations astronomiques en un ensemble calendaire cohérent et juste. Mais, à défaut d'être juste, ce calendrier romain ne manque pas d'un certain esprit pratique. Ainsi, à partir de l'unité visible qu'était la lunaison, on a créé douze mois de vingt-neuf jours et demi chacun, ce qui fait 354 jours; pour mettre en accord ces mois lunaires avec l'année solaire, il restait une période de onze jours, trop courte pour faire un treizième mois, mais trop longue aussi pour pouvoir être négligée. Et on a adopté, en ces temps reculés une solution qui, bien plus tard, sera à nouveau employée: c'est le mois intercalaire. Tous les quatre ans, à la fin du mois de février (lequel est, ne l'oublions pas, jusqu'en 154 av. J.C. , le dernier de l'année), vient s'intercaler un mois supplémentaire, le Mercedonius. Ce système aurait dû donner satisfaction... s'il avait été appliqué scrupuleusement. Mais, les intérêts politiques des uns et des autres ont fait que, en 48 av. J.C., l'année civile officielle avait trois mois d'avance sur la réalité des saisons: les mois d'automne se trouvaient en plein été! On avait simplement "oublié" plusieurs fois d'insérer les mois supplémentaires, d'où le décalage constaté. Pour mettre fin à cette situation, César procède à une réforme du calendrier: sur les conseils d'un vrai astronome, Sosigène d'Alexandrie, il crée le calendrier que nous connaissons aujourd'hui encore; l'année compte 365 jours, et, tous les quatre ans, pour mettre en accord l'année civile et l'année astronomique, on a un jour supplémentaire au mois de février. C'est le 24 février qui est ainsi doublé; or, le 24 février, dans le système des Romains, se disait "sixième jour avant les calendes de mars: ante diem sextum Kalendas Martias"; ce 24 février doublé se disait, forcément, "bis sextum", d'où le mot bissextile encore en usage dans nos calendriers, mais sans raison apparente - on ne voit pas, en effet, pourquoi un mois de 29 jours serait bissextile !


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