Offrande de Caton pour la santé de ses boeufs :

"Fais l'offrande à Mars, à Silvanus, en forêt, de jour; pour chaque tête de boeuf, trois livres d'épeautre et quatre de lard, quatre et demi de chair maigre, trois setiers et demi de vin. Tu peux mettre cela dans des urnes et le vin dans un seul vase. La consécration peut être faite par un esclave ou par un homme libre. Quand elle aura été faite, consomme aussitôt sur place. Qu'aucune femme n'assiste à la cérémonie ni ne voie comment elle se fait.(1)

Caton, De re rustica, 33

(1) Les femmes, en effet, ont un rang inférieur dans la vie religieuse de la cité: elle n'officie pas elle-même, elle sert d'auxiliaire tout au plus ; elle est souvent représentée, derrière le pater familias, en train de lui présenter la petite cassette d'encens pour le sacrifice (elle tient donc à peu près le même rôle que l'enfant ou l'esclave). Les fonctions religieuses où la femme est autonome sont rares : on pense, évidemment, d'abord aux Vestales, puis à certaines autres manifestations mineures : la fête des Matronalia au premier mars est exclusivement féminine (comme l'indique d'ailleurs son nom) ; de même, la fête de Mater Matuta, le 11 juin, qui célébrait l'arrivée de l'été, voyait les matrones chasser hors du temple une esclave qu'elles y avaient pourtant introduite ; cet acte figurerait l'Aurore qui, victorieuse, chasse les ténèbres; les femmes soignaient ensuite les enfants de leurs soeurs, comme l'Aurore amène le Soleil , fils de sa soeur la Nuit. Une autre fête typiquement féminine est celle de Bona Dea. Il n'empêche que, lorsque deux matrones font une dédicace à la déesse (C. I. L. XI, 1735), l'inscription donne d'abord les noms de leurs époux, en gros caractères, puis les noms des offrantes, en petits caractères !


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