Elles sont enterrées vives

Ce qui effraya encore, outre de si grands désastres, ce fut, entre autres prodiges, que, cette année-là, deux Vestales, Opimia et Floronia, avaient été convaincues d'inceste : l'une fut, selon la coutume, enterrée vivante à la porte Colline, l'autre s'était elle-même donné la mort; Lucius Cantilius, scribe pontifical, de ceux qu'on appelle aujourd'hui "pontifes mineurs", complice de Floronia, fut, sur le Comitium, battu de verges par le grand pontife, jusqu'à ce qu'il expirât sous les coups. Ce sacrilège ayant été, comme c'est fréquent au milieu de tant de désastres, tourné en prodige, on invita les décemvirs à aller consulter les Livres Sibyllins, et l'on envoya à Delphes Quintus Fabius Pictor demander à l'oracle par quelles prières, quelles supplications les Romains pouvaient apaiser les dieux, et quelle serait la fin de sis grands désastres. Cependant, sur l'indication des livres du destin, on fit plusieurs sacrifices extraordinaires : entre autres, un Gaulois et une Gauloise, un Grec et une Grecque furent enterrés vivants au marché aux Boeufs, dans un endroit clos de pierres, arrosé déjà auparavant du sang de victimes humaines, cérémonie religieuse bien peu romaine.

Tite-Live, Histoire romaine, XXII, 57, 1-6


Les prêtres