Un lieu sacré

Cicéron reproche à son ennemi P. Clodius Pulcher, qui a racheté sa maison, de l'avoir détruite pour construire une statue de la liberté à la place :

Ta belle Liberté a-t-elle pu chasser mes dieux Pénates et mes Lares domestique pour prendre place elle-même comme en terrain conquis? Qu'y a-t-il de plus sacré, de mieux protégé par toute religion que la maison de chaque citoyen? C'est là que se trouvent ses autels, ses foyers et ses dieux Pénates; c'est là qu'ont lieu ses sacrifices, ses pratiques et ses cérémonies; c'est un asile si sacré pour tous qu'on n'a le droit d'en arracher personne. D'autant plus devez-vous écarter de vos oreilles [=les pontifes] les fureurs de cet individu, par lequel ce que nos ancêtres ont placé pour nous sous la protection inviolable de la religion a été non seulement profané au mépris de la religion, mais encore renversé au nom même de la religion.

Cicéron, De domo sua, 108-109


Le culte privé