Mânes de mes pères, partez d'ici !

Quand la nuit est au milieu de son cours et amène le silence nécessaire au sommeil, quand les chiens se sont tus, et vous aussi, oiseaux multicolores, l'homme fidèle au rite ancien, l'homme qui craint les dieux se lève - ses pieds sont sans chaussures - et il fait un signe avec le pouce au milieu de ses autres doigts joints, de peur qu'une ombre légère ne vienne à sa rencontre dans sa marche silencieuse. Après s'être purifié les mains dans une eau courante, il se retourne - auparavant il a pris des fèves noires - et il les jette en détournant les yeux, mais en les jetant il dit: «Je lance ces fèves, par elles je me rachète, moi et les miens». Il le dit neuf fois sans regarder derrière lui: on pense que l'ombre ramasse les fèves et le suit sans être vue. Il fait une nouvelle ablution, il fait retentir le bronze de Témésa et il demande à l'ombre de quitter sa demeure. Quand il a dit neuf fois « Mânes de nos pères, sortez ! » il regarde derrière lui et il pense avoir accompli régulièrement les rites.

Ovide, Fastes, V, v.429-444


Le culte privé