Le site

N.B. La ville dont nous allons présenter une description sommaire a connu, au cours des siècles, de tels changements et une telle expansion qu’il est impossible de marquer les différentes étapes de son développement. En conséquence, les sites et monuments présentés ci-après rendent compte de l’existence actuelle des vestiges antiques selon un cheminement sur le terrain, non selon un ordre chronologique. Ces monuments sont d’époques très diverses : certains remontent à l’époque royale ou républicaine, d’autres à l’Empire et même au Bas-Empire (époque tardive). Les dates de ces monuments seront indiquées. N’oublions pas que l’immense incendie qui ravagea Rome sous le règne de Néron (1er siècle ap. J.-C.) obligea à reconstruire presque toute la ville et à la remodeler selon d’autres plans d’urbanisme.

 

Rome se situe dans la province agricole du Latium, en Italie centrale, entre deux contrées de collines volcaniques. La plaine romaine était habitée et cultivée même avant la fondation de Rome. Mais longtemps cette plaine fut marécageuse et infectée par la malaria. Au début du XXe siècle, des travaux de drainage et d’assèchement (l’assèchement des Marais Pontins) ont rénové la région.

Rome s’est élevée sur le bassin inférieur du Tibre qui se jette dans la mer Tyrrhénienne à Ostie. Cicéron nous dit (De republica,) que Romulus choisit fort bien l’emplacement de la ville : ni trop loin de la côte (pour permettre l’acheminement des denrées venant de la mer) ni trop près (pour éviter les razzias des pirates). Rome se trouve en effet à 25 kms environ de la mer. Elle était originellement entièrement située sur la rive gauche du Tibre, et composée de villages perchés sur sept collines, qui constituaient ainsi une véritable acropole donnant à la ville des possibilités défensives de premier ordre. Ces collines sont le Palatin et le Capitole, cœur de la Rome primitive (Roma quadrata) (Properce, Élégies), et, du Nord au Sud, en arc de cercle autour de ces deux collines, le Quirinal, le Viminal, l’Esquilin. le Cœlius, et l’Aventin. Ces dernières collines furent insérées dans l’enceinte de la ville sous le règne de Servius Tullius, le cinquième successeur de Romulus (Tite-Live, Histoire romaine).

Le Palatin (qui tire son nom de la déesse Palès, protectrice des bergers) est le berceau de la Rome primitive bâtie par Romulus. Il fut d’abord habité par des particuliers jusqu’à la fin de la République ; puis les constructions impériales s’y élevèrent.

Le Capitole était le centre religieux de la Rome antique, où se dressait le temple de Jupiter (6e siècle av. J.-C.) (Tite-Live, Histoire romaine). C’est là que les généraux vainqueurs venaient recevoir les honneurs du triomphe. Au pied du rocher situé à la base du Capitole se trouvait la prison (le Tullianum) où furent enfermés et moururent, entre autres, Jugurtha, les complices de Catilina (Salluste, Catilina) et Vercingétorix. Sur le flanc du Capitole se trouve l’escalier des Gémonies où les corps des condamnés à mort étaient exposés avant d’être jetés dans le Tibre. Sur l’un des sommets du Capitole se trouvait la Roche Tarpéienne d’où l’on précipitait les condamnés à mort (d’où le proverbe : "la roche tarpéienne est proche du Capitole").

Au pied du Capitole et du Palatin s’étend le Forum, aménagé sous Tarquin l’Ancien (quatrième successeur de Romulus). Il se trouvait primitivement en dehors de l’enceinte de la ville (d’où son nom) et servait de nécropole aux villages. C’était d’ailleurs une vallée marécageuse et malsaine. Quand les villages se fédérèrent, ce "forum" devint leur lieu de réunions et d’échanges. Des opérations de drainage (Tite-Live, Histoire romaine), furent donc faites par les successeurs de Romulus (grand égout collecteur appelé Cloaca Maxima, en partie encore visible de nos jours). C’est là que s’assemblaient, au temps de la République, le Sénat (dans le bâtiment appelé Curie) et le peuple devant la tribune aux harangues (les Rostres, parce qu’elle était ornée d’éperons de navires [rostra] pris à l’ennemi après la victoire d’Antium sur les Volsques en 338 av. J.-C.) On y construisit plusieurs sanctuaires, temples et basiliques ( = salles destinées aux réunions publiques) et de nombreuses boutiques s’y installèrent ; c’était vraiment le centre de la vie et de l’activité urbaines, des deux côtés de la Via sacra (Voie sacrée) qui le traversait d’Ouest en Est depuis l’arc de Septime-Sévère jusqu’à celui de Titus (proche du Colisée). On peut y voir encore les trois colonnes du temple des Dioscures (= Castor et Pollux), où étaient conservés les étalons des poids et mesures, le temple rond de Vesta et la maison des Vestales.

Lorsqu’il devint trop petit, les empereurs créèrent, au nord de ce forum républicain, au pied des pentes du Quirinal et du Viminal, de nouveaux forums, dits "Forums impériaux". Le Forum de Trajan est dominé par la célèbre Colonne Trajane qui commémore les succès de cet empereur sur les Daces (= les Roumains actuels).

À l’extrêmité des Forums impériaux se dresse le Colisée ou amphithéâtre Flavien, commencé par Vespasien en 72 ap. J.-C. et terminé par Domitien en 82 (Suétone, Vies des douze Césars). Cet immense amphithéâtre mesure 54 mètres de hauteur et 527 mètres de circonférence. Il servait aux combats de gladiateurs et aux naumachies (= combats navals). 50 000 spectateurs pouvaient prendre place sur les gradins.

Perpendiculaire à la Via Sacra et se dirigeant vers le Nord, l’Argiletum était la rue la plus animée de la ville (libraires) et conduisait vers le quartier populaire (et mal famé) de Subure.

Au-delà du Capitole et de l’enceinte de Servius Tullius, sur les bords du Tibre s’étend le Champ de Mars, réservé aux sports et aux exercices militaires (il est interdit de franchir, armé, l’enceinte [pomerium = post murum, derrière le mur]). Il ne fut intégré dans la ville que sous l’Empire et se couvrit alors de monuments, comme l’Ara Pacis (= autel de la paix) ou le Mausolée d’Auguste, encore visibles aujourd’hui.

Au Sud du Forum, entre l’Aventin et le Palatin, Tarquin l’Ancien fit construire le Circus Maximus (= le grand cirque) où se dérouleront ensuite les grands jeux annuels (Ludi Romani). Il mesurait 645 mètres de longueur, 125 mètres de large et pouvait contenir jusqu’à 300 000 spectateurs

Partant de la ville, furent construites, dès la République, des routes, dans toutes les directions, qui portent généralement le nom du magistrat (le censeur) qui les a créées. Les principales de ces routes sont : la Via Appia, la plus ancienne, vers l’Italie du Sud, jusqu’à Brindisium, en passant par Capoue et Tarente, 495 kms ; la Via Aurelia, le long de la côte de la mer Tyrrhénienne, vers la Ligurie, au Nord, 220 kms ; la Via Flaminia, qui traverse l’Italie centrale (l’Ombrie), 314 kms ; la Via Aemilia, qui reliait Ariminum (= Rimini actuellement) à Placentia (= Plaisance), 249 kms.


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