La fuite d’Énée hors de Troie


"Eh bien donc, cher père, place-toi sur mon cou ; mes épaules te porteront et cette charge ne me sera point lourde. Quoi qu’il puisse nous advenir, les dangers nous seront communs à l’un et à l’autre , et le salut aussi. Que mon petit Iule m’accompagne et que ma femme nous suive à quelque distance sans nous perdre de vue. Vous, mes serviteurs, retenez bien ce que je vais vous dire. Quand on sort de la ville, on trouve une hauteur et un vieux temple de Cérès isolé. [...] C’est à cet endroit que par des routes différentes, nous nous réunirons. [...] À ces mots j’étends sur mes larges épaules et sur mon cou baissé une couverture, une peau de lion fauve et je me courbe sous le fardeau. Le petit Iule a mis sa main dans la mienne et suit son père d’un pas inégal. Ma femme vient derrière".

 

Virgile, Énéide, II, v. 707-720 (trad. Bellessort)


 Les origines