Agrandissement de Rome sous Servius Tullius

(80.000 citoyens viennent d'être recensés)
Pour une telle population, un agrandissement de Rome s'imposait. Il lui adjoint deux collines, le Quirinal et le Viminal ; après quoi il agrandit les Esquilins et, pour que le quartier ait une meilleure réputation, il s'y fixe lui-même. Il établit un talus, un fossé et un mur tout autour de la ville ; par la suite, il reporte plus loin le Pomerium. Ce mot, si l'on ne regarde que l'étymologie [post-mœrium] signifie les boulevards ; mais il désigne plutôt la zone, ce terrain que jadis, quand on fondait une ville, les Étrusques bornaient avec rigueur et consacraient d'après les augures comme emplacement des fortifications ; c'est pourquoi à l'intérieur les maisons particulières ne pouvaient être adossées aux remparts [...] et à l'extérieur il y avait une bande de terrain libre de toute activité humaine. C'est cet espace, où on ne devait rien bâtir ni cultiver qui s'appelle en latin "Pomerium" à la fois parce qu'il est derrière le mur et le mur derrière lui. Quand Rome prit de l'extension, tout recul des murailles entraînait un recul égal de la zone consacrée.

Tite-Live, Histoire romaine, I, XLIV.



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