Les développements du progrès scientifique


C'est à partir de la deuxième moitié du IVème siècle que le progrès scientifique se développe en Grèce ; les expéditions d'Alexandre, qui avait emmené plusieurs savants avec lui, comme le fit plus tard Bonaparte lors de son expédition en Egypte (1798-1799), vont permettre d'approfondir plusieurs sciences.
L'astronomie : ce n'est que lorsque les Grecs découvrirent les connaissances astronomiques des Chaldéens et des Egyptiens que l'astronomie prit son essor. Le poète Aratos (310-245 avant J.C.) fait dans son ouvrage les Phénomènes une description des constellations ; son livre fut un immense succès populaire. Hipparque (190-120 avant J.C.) découvrit la précession des équinoxes et inventa la trigonométrie. Ptolémée, beaucoup plus tard (100-170 après J.C.) résume dans son "Grand traité d'ensemble" toute la science astronomique grecque. Jusqu'à l'époque de la Renaissance on crut, comme lui, que la terre était fixe au centre de l'univers.
La médecine connaissait, certes, quelques recettes pratiques ( en matière de blessures cf. l'Iliade).
Mais, sous l'influence de l'Orient s'était répandue assez vite une croyance dans les invocations mystiques, les formules magiques et donc les guérisons miraculeuses. Dans les sanctuaires du dieu de la médecine (Asklépios), à Epidaure notamment, de nombreux ex-voto attestent des guérisons miraculeuses : le dieu apparaissait en songe au malade étendu dans le temple, et le guérissait ou lui indiquait le moyen de guérir (Inscriptions grecques).
Hippocrate, de l'île de Cos (460-377 avant J.C.) fonde la médecine scientifique en prenant pour principes l'observation et l'expérimentation, en dehors de toute intervention divine (HIPPOCRATE, Du mal sacré). Il a même eu l'intuition de ce qu'on appelle aujourd'hui les maladies psychosomatiques (HIPPOCRATE, Du mal sacré) et a répandu l'idée que l'homme était un tout (PLATON, Charmide). Jusqu'à une époque relativement récente (XIXème siècle) certaines des opérations chirurgicales ou pratiques thérapeutiques préconisées par Hippocrate sont restées valables. Son attitude face au malade est résumée dans le "serment d'Hippocrate" que doivent, encore de nos jours, prononcer les médecins.
Autres sciences : Aristote, de Stagire, en Macédoine (384-322 avant J.C.) précepteur d'Alexandre, accorde toute son importance à la méthode scientifique, pose (comme Platon d'ailleurs) l'étonnement comme base de la recherche et s'appuie sur l'observation ; ainsi en astronomie (ARISTOTE, de coelo). Dans tous les domaines il fait école : on observe, on vérifie, on confronte les opinions contradictoires ; l'école d'Aristote introduit des classifications en zoologie et en botanique.
La ville d'Alexandrie d'Egypte, fondée par Alexandre, devient pour plusieurs siècles le foyer d'une vie intellectuelle intense où les sciences tiennent une place éminente. Ainsi, en mathématiques, comme en physique, le plus grand nom à retenir est celui d'Euclide (EUCLIDE, Eléments). Ses "Eléments", qui ont eu un succès durable jusqu'au milieu du XXème siècle, résument toute la géométrie élémentaire où les théorèmes se terminent par la formule bien connue : C.Q.F.D. (ce qu'il fallait démontrer). En physique Euclide découvre la propagation rectiligne de la lumière. La géographie s'illustre avec Eratosthène de Cyrène (284-192 avant J.C.), le bibliothécaire d'Alexandrie, qui a imaginé la mesure de la circonférence de la terre.
Après la période alexandrine, il faut retenir le nom d'Archimède, de Syracuse, (287-212 avant J.C.) - à qui l'on doit le fameux principe qui porte son nom (ARCHIMEDE, de corporibus fluctuantibus), mais aussi de nombreuses inventions en mécanique et en géométrie, - et, en géographie le nom de Strabon, d'Amasée, dans le Pont (66 avant J.C.-24 après J.C.)) qui fonde sa Géographie sur une étude du climat, du relief et de l'hydrographie mais relève aussi les réalités humaines et économiques.
Conclusion
La science grecque a donc été, dès l'origine, une recherche libre où la pensée théorique fait peu de cas du contrôle expérimental. Ce qui explique le succès des Grecs en mathématiques (géométrie surtout) mais leur moindre succès dans les sciences expérimentales (physique, sciences naturelles, chimie...)


LA SCIENCE GRECQUE